Le Nouvel Automobiliste
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Bus électrique : Van Hool présente un articulé de 18 mètres

Enjeu central des mobilités propres d’aujourd’hui et de demain, les transports en commun sont en pleine mutation, comme l’automobile, vers l’électrique. Alors qu’en France Bolloré explore avec la RATP des bus électriques à supercapacités et proposera un Bluebus de 12 mètres dès cette fin d’année dans Paris, en Belgique vient d’être présenté un bus électrique… articulé.

Ah, le bus articulé ! Depuis 1980 et son invention par Renault Véhicules Industriels sur le PR180, il est apprécié des réseaux de bus pour sa capacité d’emport de passagers tout autant qu’il est craint par les automobilistes. Le « bus à soufflets » ou « l’accordéon » est en effet plus long (18 mètres contre 12 d’ordinaire pour un bus standard), prend plus de temps aux arrêts avec ses 3 à 4 portes, et a une envergure en virage également plus importante. Il transporte plus de 150 personnes (contre 90 dans un 12 mètres), ne coûte pas plus cher en infrastructure (contrairement à un tramway qui a besoin de rails), et guère plus en carburant ou en entretien. Bref, l’articulé, c’est un peu notre bus à impériale… mais à un seul niveau, pour pouvoir circuler sous les tunnels.

A l’heure de l’électrisation des transports en commun, l’articulé conserve tous ses avantages. Les hybrides articulés, notamment ceux d’Heuliez (GX437) sont fonctionnels, et le coup d’après est d’ores et déjà préparé par la firme belge Van Hool avec l’articulé 100 % électrique. Baptisé Trambus, il est long de 18,61 mètres et a une capacité d’accueil de 117 passagers similaire au véhicule thermique dont il dérive, l’Exqui.City 18 m, disponible aussi au gazole, en hybride, ou même en trolleybus. Nos lecteurs messins en voient déjà tous les jours sur leur réseau. Les batteries sont de type Lithium-Ion (215 kW de capacité), couplés à deux moteurs électriques centraux Siemens (ELFA 2) de 160 kW chacun. Si c’était une Tesla, on l’appellerait « P320D »… c’est dire !

Côté autonomie, Van Hool annonce 120 km. Pour tenir toute une journée, il est prévue des recharges intermédiaires aux deux termini de la ligne, recharges à 80 % effectuées en 10 minutes. C’est une stratégie inverse qu’a adopté la RATP en faisant un appel d’offres pour un bus ayant, au départ du dépôt, 250 km d’autonomie pour la ligne test 341. Pour la recharge au terminus, un pantographe vient se brancher à la toiture de l’autobus. Et la nuit, une recharge lente moins destructrice de cellules Li-ion avec prise sur le côté du véhicule est prévue pour une recharge à 100 % en 4 heures.

C’est à Paris que sera présenté en première mondiale au salon Transports Publics (Porte de Versailles, 14-16 juin) ce Van Hool électrique. Il sera testé à Hambourg à partir de cet été. Il trouvera face à lui le Bluebus 18 mètres, articulé lui aussi, que Bolloré promet de mettre sur le marché, d’ici la fin de la décennie.

On remarquera que Van Hool, en appelant cet articulé « Trambus », joue lui aussi sur l’ambiguïté avec le tramway comme Bolloré qui baptise son prototype Bluetram. Il s’agit ni plus ni moins de se rapprocher de l’image environnementale du tramway tout en lui opposant l’atout massue d’un coût d’achat et d’infrastructure bien moindre, alors que ses capacités d’accueil sont jusqu’à 3 fois supérieure (300 passagers pour un Alstom Citadis 402, à peine 120 pour ce Van Hool). Ce pourrait être un véhicule en lice pour des appels d’offres à Nantes et Rennes prochainement, et pourquoi pas en région parisienne sur des lignes en site propre comme le TVM ou l’Orlybus.

Via Mobilicités et Van Hool