Le Nouvel Automobiliste
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Bentley Bentayga : un lord anglais en plein Paris

Au détour d’une rue dans le VIIème arrondissement de Paris, nous ne pouvions pas le manquer. Massif, haut sur pattes, et rouge de surcroît, il semblait tout faire pour se faire remarquer : le Bentley Bentayga. Et il fallait que ce soit le jour du Brexit ! Cette voiture avait apparemment épousé un lord anglais alors nous sommes allés voir cela de plus près.

Bentley, Brexit, lord anglais : quel rapport ? A part que les deux premiers noms commencent par la même lettre, et que Joe Dassin chante l’histoire du dernier, aucun. Le constructeur britannique, fidèle choix de la haute société et installé à Crewe, n’a pas annoncé son intention de changer son business avec le largage d’amarres par referendum vis-à-vis de l’Union Européenne. Et ce ne sont pas d’éventuelles nouvelles taxes à l’export de sa production qui pourraient entraver ses affaires, puisque le premier prix dans la gamme est fixé aux alentours de 172 000 euros.

Le Bentayga en revanche vise plus haut. Déjà par sa garde-au-sol de SUV grimpeur de trottoir, mais aussi par son tarif prohibitif de 216 000 euros en entrée, ce qui en fait le véhicule de ce type le plus cher au monde… avant que Rolls-Royce ne vienne proposer bientôt un modèle concurrent. Du délire qui n’effraie pas le chaland : 10 000 commandes auraient été passées, pour 3600 exemplaires planifiés côté usine en 2016 (assemblage partagé entre Bratislava et Crewe).

Son design, mastoc, est cependant plus réussi que celui du concept qui l’annonçait, l’EXP-9F. Avec un large déhanché latéral, le Bentayga s’assure une ligne un peu sculptée, mais même les chromes et le hayon penché n’y font rien, tout ceci reste très massif, autant que son cousin l’Audi Q7. Les classiques du design Bentley sont pourtant là, à l’image de la calandre surplombé du B ailé, une lettre majuscule que l’on retrouve dans le graphisme des feux. A l’avant, les projecteurs sont doubles et à diodes, la partie centrale des phares aux extrémités dissimulant le lave-phare destiné aux optiques intérieures.

Pour mouvoir ce mastodonte de 5,12 m de long et 2347 kg, Bentley a installé sous le capot moteur le W12 6 litres bi-turbo de la Continental, puissant de 608 chevaux (229 ch/tonne) pour un couple de 900 Nm. Il ne fait pas semblant, ainsi, et est -au passage- le SUV le plus rapide du monde, avec 301 km/h de vitesse en pointe et 4,1 secondes pour effectuer le 0 à 100 km/h. Les jantes font un diamètre de 20 à 22 pouces selon les choix des clients.

L’exemplaire croisé près de l’Ecole Militaire et des Invalides à Paris était immatriculé en Grande Bretagne, avant que Photoshop ne vienne effacer les plaques. Mais étonnamment, le Bentayga avait le volant à gauche. Conversion tardive à la convention Napoléonienne ? Volonté d’intégration malgré le Brexit ? Ou simple circulation sous plaque étrangère d’un véhicule à conduite à gauche… Allez savoir ! C’est un petit lord anglais, et comme chantait Joe Dassin, « mylord est content et mylady pense « vivent les français » !

D’ailleurs, on vous laisse avec un Joe Dassin badin et vantant les jeux à quatre-mains car, Brexit ou pas Brexit, c’est beau le Marché Commun !

Crédit photo : Arnaud pour The Automobilist + YouTube