Le Nouvel Automobiliste
Le Nouvel Automobiliste

Audi TT Roadster Mk1 V6 3.2 L : Retour sur une future icône

L’occasion faisant le larron (et pas en foire), je vous propose aujourd’hui un petit retour dans le passé à la découverte d’une « youngtimer », ces fameux véhicules que l’on imagine aisément collectors mais qui n‘ont pourtant pas encore l’âge d’être considérés comme tels. Et pas n’importe lequel : une Audi TT de première génération dans une version plutôt exclusive, un roadster 3,2l V6 avec cuir baseball…

Salon de Francfort 1995. Audi présente un concept de petit coupé 2+2 au style, disons, prononcé… Mais que dire 3 ans plus tard, quand ce concept débarque dans nos rues ? Waouh ! Bravo ! Et merci Audi d’avoir pris le risque de sortir un modèle exclusif de faible diffusion, mais au charme ravageur.

Car risque il y a eu. Regardez ces photos de l’idée que s’en faisait le constructeur et comparez-les au résultat final. A part l’entourage de la vitre arrière, il n’y eut que très peu de modifications. Alors c’est vrai, certains l’ont taquiné un peu en mode « Les trois frères » (« il est où le cucul ? Elle est où la têtête ? »), mais néanmoins personne n’est resté indifférent face à ce magistral et novateur coup de crayon.

Passons sur la jeunesse difficile du modèle, surtout dans sa version 225 ch du 1,8l turbo qu’Ingolstadt déclinait à toutes les sauces à l’époque (jusque dans les Donkervoort, répliques modernes hollandaises de la Lotus Super Seven) et qui a nécessité la pose d’un aileron afin de stabiliser l’arrière à haute vitesse, pour se concentrer sur l’ultime évolution que nous avons ici présente pour une balade automnale.

Rapidement décliné en roadster (1999 soit seulement un an après le coupé) et en Quattro, le V6, que l’on connait aussi sous le nom de VR6 (acronyme allemand de V6 en ligne) chez VW à cause de son faible angle de 15 degrés entre les deux bancs de cylindres, apparaît quant à lui plus tardivement, en 2003, pour chapeauter la gamme en terme de puissance, avec ses 250 ch, mais aussi de performances avec un 0 à 100 km/h abattu en 6,2 s.

Uniquement disponible en 4 roues motrices Quattro et, au choix, avec l’excellente boîte DSG à 6 rapports, il perd en efficacité de conduite, surtout à cause du moteur placé en porte-à-faux avant et qui aurait tendance à faire tirer ce dernier tout droit. Je conserve le conditionnel n’ayant pas été jusque là.

L’idée de cette rencontre était plus propice à la redécouverte d’un petit canon de beauté. Prenons le temps de l’apprécier, toit fermé d’abord, où la ligne du coupé n’est pratiquement pas altérée. Surtout quand la capote a le bon goût d’être ton sur ton comme ici, d’un bleu foncé du plus bel effet.

Belles proportions pour ce petit gabarit (à peine plus de 4 m de long) avec la malle de coffre plate qui fait écho au capot avant et un habitacle qui se place vraiment au centre de cet ensemble équilibré.

Si l’intérieur a pris quelques rides au niveau de la présentation, il n’en est rien au niveau de l’ergonomie ni de la qualité des assemblages déjà irréprochables à l’époque chez Audi. Tout tombe sous la main et j’aime particulièrement cette plaque en alu cachant l’autoradio. On retrouve aussi les aérateurs ronds qui sont devenus une signature non seulement de ce modèle mais aussi d‘autres dans la gamme du constructeur aux anneaux.

Et que dire de ce cuir Baseball ? Une option fabuleuse qui peut provoquer à elle seule le coup de cœur face à cette auto ! J’ai appris avec ce modèle qu’elle existait avec toutes les couleurs de cuir (noir comme ici) et pas seulement en caramel comme on le voyait souvent lors de sa présentation.

Le petit volant ajoute à l’invitation au voyage et j’y cède avec délectation. Sentiment renforcé dès que la clef active les 6 pistons : quelle voix ! Son rauque, râles puissants, je me prends au jeu et passe les rapports pour le simple plaisir d’entendre cette mélodie.

Si la température est fraiche, le soleil est bien présent, et après quelques manipulations, il baigne dans tout l’habitacle. C’est maintenant que ce TT roadster va prendre tout son sens, en vous prenant par la main pour une balade rythmée en fonction de vos envies, tantôt cruising agréable en profitant des couleurs de l’automne, tantôt plus dynamique en jouissant des envolées vigoureuses de ce moteur et de la rapidité de la boîte de vitesses.

Certes, on aurait aimé plus de couple, habitués que nous sommes à cette débauche d’énergie à peine le ralenti passé grâce aux turbocompresseurs (comme lors de la prise en main du TTS de 3ème génération, à relire ici) qui ont poussé sur nos moteurs plus rapidement que les champignons un lendemain de pluie en automne dans nos forêts. Mais l’agrément est bien là et le souffle ne manque pas.

J’aurais aimé pousser plus loin et profiter de nos célèbres cols alsaciens et vosgiens qui ont accueilli le championnat du monde des rallyes WRC, mais les parcs bordant Strasbourg et les bords de l’Ill et leurs bâtiments d’influence allemande ont offert un cadre plus que satisfaisant pour cette re(découverte) de l’Audi TT roadster Mk1. La vie est faite de joies simples et heureusement, il y a des voitures pour nous le rappeler.

Je vous laisse apprécier l’intégralité des photos :

Merci à http://www.carstyling.ru/ pour les images du concept de 1995, Nicolas pour ses photos et la présentation du modèle (après le VW 181, sa famille confirme son intérêt pour le groupe VAG)