Le Nouvel Automobiliste
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Audi A7 Sportback Competition : une fin de carrière méritée?

 

Sortie courant 2011 comme une alternative esthétique aux traditionnelles grandes berlines de l’époque, l’A7 Sportback se positionna sur un marché de niche, aux côtés de la Mercedes CLS. Restylée une 1ère fois en 2014 puis de nouveau légèrement remaniée en avril 2016, avec l’adoption d’une grille de calandre plus angulaire et d’une nouvelle signature lumineuse, cette berline aux proportions hors normes parcourt une ultime ligne droite avant d’être renouvelée dans les prochains mois.

C’est donc à bord de l’édition spéciale Compétition, créée pour célébrer les 25 ans des moteurs TDI de la marque d’Ingolstadt, que nous avons pris place, afin de voir si cette dernière est encore dans le coup.

Audi A7 Sportback Competition V6 TDI 326ch - Face avant
Sous ses airs enjôleurs, l’A7 est-elle toujours d’actualité?

Des courbes toujours aussi aguichantes

Se démarquant de la concurrence en 2011 avec ses courbes de coupé et cette poupe unique en son genre, le style de l’A7 fit sensation. Pour autant, celui-ci ne dépérit pas au fil des années, car aidé par les deux mises à jours stylistiques et technologiques. La face avant reprend les derniers codes introduis par la seconde génération de l’A5, avec cette calandre single frame plus angulaire. En revanche, les feux avant conservent une certaine similarité avec sa petite sœur l’A6, tout comme la signature lumineuse arrière.

De profil et lorsque l’on approche ce coupé routier pour la 1ère fois, les 4,97m de longueur se ressentent, le rendant à la fois imposant tout en conservant des lignes fluides et gracieuses. Entre celles qui viennent s’estomper à la pointe du coffre sans cassures – contrairement à une A5 – ou encore ce long trait remontant du bas du pare-chocs avant, pour venir souligner les vitres, oser dire que l’A7 manque de grâce et n’étant plus dans l’air du temps, serait faire preuve de mauvaise foi.

Audi A7 Sportback Competition V6 TDI 326ch - Profil
Le profil de l’A7 est bien plus fluide que celui de l’A5 Coupé

La partie arrière, elle, reste toujours aussi unique et sublimée par cette signature lumineuse en Y venant souligner l’aileron rétractable.

Audi A7 Sportback Competition V6 TDI 326ch - Signature lumineuse
La signature lumineuse est caractéristique de l’A7

 

Sur notre modèle d’essai, la finition Compétition est en réalité une édition spéciale qui veut conférer à l’A7, un look plus dynamique. Dotée du pack extérieur S line et de jantes 20 pouces chaussées en 265/35, celle-ci se montre plus dynamique que les versions standards, accentué par le contraste entre noir – sur l’entourage des vitres, les coques de rétroviseurs ou encore le diffuseur – et cette superbe robe grise, déjà vue durant notre essai de l’A3 restylée et nommée Gris Nardo.

Si le style extérieur fait toujours tourner les têtes et prête à sourire, ce dernier s’estompera un tant soit peu dès que l’on prend place à bord. Car ce qui commence à faire défaut à l’A7 aujourd’hui, c’est bien son IHM.

Comportant les commandes de climatisation et de GPS visuellement chargées voire confuses, l’IHM oblige parfois à quitter trop longtemps la route des yeux afin de trouver le bouton que l’on cherche désespérément. L’Audi A7 Sportback paie malheureusement les affres du temps et cette impression est d’autant plus renforcée lorsque l’on se remémore les dernières productions de la marque telles que les récents A5, Q5 ou encore A8, au design plus épuré.

Audi A7 Sportback Competition V6 TDI 326ch - Planche de bord
La qualité de la planche de bord est irréprochable mais l’ergonomie est à revoir

Malgré une concurrence qui a adopté cette technologie, la marque Audi ne cède pour autant pas aux sirènes du tactile pour ses écrans.

Tout n’est pas nécessairement à jeter, car les compteurs physiques et légèrement tournés vers le centre, encadrent un affichage digital reprenant le principe du virtual cockpit. La lisibilité reste de mise et la navigation dans les menus de ce dernier se fait de manière intuitive.

De plus, la qualité perçue reste flatteuse avec des ajustements irréprochables et un choix de matériaux effectué avec minutie, notamment avec ces inserts en bois noirs parcourant la garniture des portières ainsi que toute la planche de bord.

Et que dire de ces magnifiques sièges S-Line en cuir noir et surpiqures rouges?! Ceux-ci, fermes mais confortables, offrent en prime un excellent maintient à tout point de vue, laissant présager de longs trajets sans pénibilité. Le sérieux est donc toujours présent et conforme à l’ADN de la marque.

Coupé et grande routière, la A7 Sportback ne s’adresse qu’à 4 passagers mais offre à chacun d’eux une excellente qualité d’assise – y compris pour les grands gabarits – ainsi qu’un grand nombre d’accessoires de confort. Entre accoudoir rétractable et commandes de climatisation dédiées, les longues heures de route – tout comme les interminables bouchons – ne devraient pas leur être fatal.

Malgré un style dynamique et des lignes plongeantes à l’arrière, les aspects essentiels d’une routière ne sont pas oubliés, l’A7 dispose d’un volume de coffre allant de 535 et 1 390 litres, correspondant à la moyenne du segment. Facilement accessible grâce à l’ouverture sans clé, il s’ouvre tout en douceur et dispose d’un seuil de chargement à bonne hauteur, évitant de se faire mal si l’on souhaite y charger des bagages ou courses. Reste que l’accessibilité du fond sera tout de même plus difficile mais il sera tout de même possible d’y accéder en rabattant les sièges.

Audi A7 Sportback Competition V6 TDI 326ch - Volume de coffre
Le coffre dispose d’un seuil de chargement pratique et d’un volume dans la moyenne

En statique, l’A7 garde tout de même de beaux restes dans son ensemble. Le touché de route ainsi que les nouvelles technologies disponibles sur les modèles haut de gamme actuels lui font-elle alors défaut ?

Sur la route : comme sur un nuage

Exclusivement proposée avec le V6 TDI Bi-turbo de 326 ch et en Quattro TipTronic, l’A7 Competition n’en oublie pas moins de donner le sourire dès que l’on presse le bouton Start. Le feulement se fait entendre un bref mais jouissif instant avant de s’assagir lorsque l’on commence à rouler.

Audi A7 Sportback Competition V6 TDI 326ch - Moteur
Le V6 TDI Bi-Turbo dispose d’une sonorité qui vous envoûtera

 

Puis, dans un grondement des plus grisant, le V6 TDI hausse le ton à l’accélération, avec une sonorité travaillée via une membrane spécifique – qui peut être totalement désactivée – sans pour autant gêner le conducteur comme les passagers.

Accouplé à la TipTronic 8 rapports – seule boîte à pouvoir encaisser un couple aussi musclé de 650 Nm – sait se montrer fluide et réactive. Toutefois, elle n’en reste pas moins critiquable au même titre que bien des concurrentes dans l’étagements des rapports – trop tôt ou trop tard, en mode Drive comme en mode Sport.

Les plus impatients et pointilleux se tourneront donc vers les palettes au volant afin d’obtenir l’effet recherché, en l’occurrence la poussée magistrale et continue du moteur bi-turbo.

Il faut dire qu’avec un tel couple, cette beauté affichant pratiquement 2 tonnes sur la balance, sait, contre toute attente, se mouvoir sans réelle difficulté, laissant quelque peu le conducteur pantois lors des accélérations. Le 0 à 100km/h est du coup abattu en 5.1 secondes, faisant de cette A7 Sportback, une véritable fusée sur autoroute mais tout de même capable de s’arrêter en un rien de temps grâce à un bon mordant des freins ainsi qu’une endurance satisfaisante.

Une fois en ville, ce grand coupé est assez vif pour se mouvoir sans difficultés ni occasionner une consommation des plus élevées. Affichant d’ailleurs un 8.1 litres au 100, sur notre long parcours mixant tous types d’utilisation, l’A7 sait se montrer (presque) frugale malgré son embonpoint !

Les dépassements et changements de files se feront également en toute tranquillité, malgré une visibilité de ¾ arrière réduite, conséquence de lignes extérieures dynamiques. D’ailleurs pour pallier à ce défaut, l’alerte de proximité – indispensable – saura à l’aide de ses imposantes LED, vous aider à changer de file sans encombres.

En plus d’être rapide une fois lancée sur autoroute, l’A7 nous montre ses autres atouts, à savoir un confort impérial. Gommant les défauts de la route avec une suspension native et en complément du confort d’assise, la fatigue liée aux kilomètres ne sera plus qu’un lointain souvenir, d’autant que l’insonorisation est sans faille permettant de tenir une conversation sans pour autant avoir à hausser le ton.

Malgré un gabarit imposant, le véhicule n’est pas pour autant si complexe à manœuvrer et lors des manipulations les plus délicates, les radars seront là pour vous aider au maximum en complément des rétroviseurs offrant une bonne visibilité. Seuls les parkings les plus petits nécessiteront une attention toute particulière afin de pouvoir vous faufiler jusqu’à une place libre. Et une fois garé, attention à ne pas trop dépasser aussi bien en largeur qu’en longueur !

Audi A7 Sportback Competition V6 TDI 326ch - Radar de recul
Sans caméra de recul, l’A7 reste tout de même manoeuvrable

Si l’A7 Sportback vieillit plutôt bien côté comportement routier, les avancées technologiques embarquées lors de son reveal en 2011 reste tout de même au niveau de la concurrence actuelle. Ainsi l’affichage tête haute en couleur, l’avertisseur de dépassement ou encore l’avertisseur de distance ainsi que le freinage automatique équipaient – mais uniquement en option – notre modèle d’essai, devenant toutefois le minimum à avoir pour un véhicule de cette catégorie.

Et si l’on prête un œil attentif à la liste des équipements additionnels, l’A7 confirme qu’elle reste encore dans l’air du temps, en proposant également la lecture des panneaux, la caméra de nuit ou encore le park assist avec la caméra de recul. Evidemment, certaines de ces options sont aujourd’hui disponibles sur les catégories inférieures mais si l’on prend en compte l’ancienneté du modèle, ce grand coupé a encore de beaux restes avant son remplacement.

L’A7 actuelle a-t-elle toujours sa place sur ce marché de niche ?

 

Bien qu’étant en fin de vie, l’A7 compte tenir encore la dragée haute à une concurrence qui elle, a évolué depuis. Fin de vie pour la Mercedes CLS qui sort du comparatif et l’on se permettra également ne pas inclure la nouvelle Porsche Panamera 4, celle-ci ne jouant pas dans la même catégorie d’un point de vue tarifaire. Reste donc en lisse, la récente BMW série 6 Gran Tourismo.

 

Pour sa fin de vie, l’A7 est configurable en 4 finitions, à savoir Ambiente, S line, Compétition, Avus et dispose d’une offre moteur restreinte mais faisant la part belle aux grosses motorisations ainsi qu’aux versions Quattro et ce uniquement en S-Tronic ou TipTronic.

Vous trouverez donc un unique moteur essence, le 2.0 TFSI de 252ch ainsi que de 3 moteurs diesel de 272, 320ch et 326ch, ce dernier étant uniquement disponible pour la finition Competition.

De ce fait les prix de l’A7 Sportback s’échelonnent de 61 240 à 86 790 euros, hors options, cela va de soi.

Concernant la BMW Série 6 Gran Turismo, celle-ci dispose d’une palette de moteurs toute aussi réduite avec des versions essence de 252 et 340ch puis une unique offre diesel de 265ch, en propulsion comme en xDrive. Là encore, les prix allant de 63 900 à 73 550 euros sont hors options et à ce niveau de gamme, la facture additionnelle peut rapidement s’alourdir.

Côté équipements de série, les deux constructeurs se montrent extrêmement chiches. Comptez sur le minimum syndical côté Audi, avec les phares à LED, le rétroviseur jour / nuit, ainsi que les sièges électriques et le GPS avec sa connectique SD et Bluetooth tandis que chez BMW… on ne fait guère mieux.

Un scandale diront certains, mais tant que la clientèle accepte de piocher dans leur vaste catalogue d’options, pourquoi se priver ?

C’est donc au niveau des équipements optionnels proposés que la bataille se jouera. Les deux grandes berlines coupés dispose d’équipements facilitant avant tout la conduite au quotidien.

Ainsi, vous pourrez opter pour l’assistant de franchissement de ligne, l’avertisseur de proximité, la vitesse adaptative, l’affichage tête haute, la recharge sans fil du smartphone ou encore la caméra nocturne avec détection des piétons.

Toutefois – et jeunesse oblige – la BMW série 6 Gran Turismo propose en plus la conduite semi-autonome, le stationnement commandé via la clef de contact, le remonte 3D view ou encore les commandes gestuelles.

L’A7 doit donc composer avec son âge avancé mais également avec une finition gavée d’options plus chère.

Certes, notre A7 Sportback disposait d’un moteur plus puissant mais cette contrepartie se monnaye 3000 euros de plus – à 92 480 euros, que sa concurrente bavaroise – à 89 210 euros.

Audi A7 Sportback Competition V6 TDI 326ch - face arrière feux à LED
Même sur le chemin de la retraite, l’A7 reste encore dans la course

Esthétiquement et sur le plan des performances, l’A7 Sportback de 1ère génération est encore d’actualité. Son design ainsi que ses performances – tout du moins avec le V6 TDI bi turbo – et son comportement routier irréprochable en utilisation normale en font un véritable atout pour la clientèle ciblée. D’autant que les équipements proposés en matière de sécurité et technologique sont encore dans l’air du temps si l’on regarde la rare concurrence ou encore les modèles plus récents de la marque.

Seule ombre au tableau, l’ergonomie old school qui commence à faire défaut ainsi que des équipements optionnels plus chers.

De ce fait, la différence avec sa remplaçante sera telle marquée ? Réponse dans quelques mois…

 

 

Article et crédit photos : Fabien LEGRAND