Le Nouvel Automobiliste
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Au cœur de la Caravane du Tour de France avec les Citroën 2CV Cochonou

Notre histoire avec les Citroën 2CV Cochonou de la Caravane du Tour de France, entamée au printemps, continue cet été. En avril dernier, nous vous avions en effet présenté les coulisses de la préparation de ces Deuches publicitaires. Il est maintenant temps de les découvrir en action ! Nous avons pris place à bord de la Caravane Cochonou lors de la 8e étape du Tour, reliant Dole à la Station des Rousses. A bord de la 2cv Limousine au milieu des bobs et des mini-saucissons, récit d’une expérience… sportive !

Partie de campagne

La Caravane du Tour de France est unique en son genre. A mi-chemin entre une armée en campagne et un village itinérant, elle convoie plusieurs milliers de personnes à travers la France, pendant 21 jours. Chaque personne a son rôle, chaque véhicule aussi. Cochonou a rejoint l’aventure il y a 20 ans, en 1997. Et dès l’année suivante, pour se faire remarquer, la marque est venue avec deux atouts majeurs : le bob, distribué par milliers ; et la 2cv, véritable archétype de l’automobile française. En 2017, Cochonou est toujours au départ du Tour avec ses 7 deudeuches, à raison de 3 berlines, 3 fourgonnettes et 1 limousine.

L’organisation est immuable : l’une des fourgonnettes, la Charcutière, ouvre la marche avec l’animateur Yannick au micro. Suivent ensuite les 3 berlines, distributrices de saucissons en sachets et des bobs. Puis suit la Limousine, réservée aux invités. Et viennent enfin les 2 fourgonnettes, qui distribuent aussi les produits et assurent des réparations en cas de pépin mécanique.

Sur les routes du Jura, entre Dole et la Station des Rousses, on aurait pu vivre l’enfer, pour ne pas mettre pied à terre. Mais impossible n’est pas la deuche ! Sa légèreté, sa maniabilité et son bicylindre se sont joué des lacets, des cols et des descentes !

L’étape du jour commence la veille

Qu’est-ce qui distingue la vie des caravaniers de celle des coureurs cyclistes ? A priori, tout. En réalité, peu de choses. Chacune de leur journée est chronométrée, débutant dès l’aube. Se poursuivant sous le grand soleil et sous les cris d’un public endiablé. Et s’achevant dans la préparation, déjà, du lendemain. Les caravaniers ont aussi une réunion le soir pour évoquer ce qui s’est passé dans l’étape, et mieux se préparer à la suivante. Rien n’est laissé au hasard et la caravane, c’est aussi du sport !

La 8e étape au départ de Dole commence donc à Nuits-Saint-Georges, ville-arrivée de la 7e étape. Mais face au soleil de plomb et à la fatigue déjà accumulée, les équipages décident de charger les voitures de goodies la veille. A la nuit tombée, le semi-remorque réfrigéré est ouvert afin de réapprovisionner les véhicules. Le semi-remorque lui-même doit se recharger intégralement par trois fois durant le Tour, lui offrant une autonomie d’une semaine. Chaque jour, ce sont deux palettes et demie de mini-saucissons qui sont écoulées sur les routes ! Chaque Deuche embarque 8 cartons de 500 sachets de saucisson, et 8 paquets de 50 bobs.

Un parcours de transition pour rejoindre le départ

Au petit matin d’une nuit au sommeil rendu complexe par la chaleur, l’équipe quitte Nuits-Saint-Georges pour Dole. Une cinquantaine de kilomètres à parcourir. Certaines équipes et sponsors sont déjà sur place, mais à cause de sa taille, la Caravane s’étale souvent dans toute la région pour se loger. Et les hôtels se réservent près d’un an à l’avance, dès que le parcours du Tour est rendu public.

Après un passage à la station essence, une recharge quotidienne pour l’équipe, 20 euros en moyenne, et nous voilà à Dole. Toute la caravane y est réunie, pour nettoyer les voitures, et dire bonjours aux autres équipes. Des trocs s’organisent : contre les saucissons, Vittel donne de l’eau, Saint-Michel des madeleines… Les 5 hôtesses, Charlotte, Vanessa, Salomé, Caroline et Margot s’équipent de leurs harnais de sécurité. Et puis c’est le départ, trois heures avant le départ des coureurs cyclistes !

Une 2CV Cochonou Limousine en plein Jura

Au volant de sa 2cv rallongée et unique, Damien Conseil notre chauffeur assure la conduite des invités de Cochonou. De quoi emmener deux personnes avec un immense espace aux jambes, qui peuvent également se tenir debout et lancer des goodies aux spectateurs ! Le geste réclame un minimum d’expérience. Pour les mini-saucissons, il faut viser le sol et viser loin, pour faire reculer les spectateurs et ne pas les faire venir sur la route. Pour les bobs, il faut comme un frisbee viser le sol. La légèreté du bob rend plus facile sa distribution lorsque la caravane est en ville ou à faible vitesse. Le reste du temps, avec le sourire,  il faut saluer la foule ! Et ça muscle les bras !

La popularité du passage de Cochonou devant le public pourrait faire croire à un Président en campagne. Un plébiscite quasi parfait, seulement entaché de quelques impatients qui n’ont pas –encore- eu de cadeaux et notamment de bob. Ou de deux autres, munis de branches d’orties… Sur les terres de Pikatchu, Alexis Vuillermoz, l’accueil fut néanmoins excellent. Les sourires sont l’ultra-majorité, et les quelques déçus –nous étions, dans la Limousine, à court de goodies- ont probablement pu se consoler avec les deux fourgonnettes qui nous suivaient. Il n’y a guère que lorsque la caravane est à l’arrêt qu’il faut être diplomate : la distribution est alors interdite, même si les deuches, elles, créent des attroupements !

Popularité et sportivité

Les paysages jurassiens furent superbes et pour beaucoup, à couper le souffle. La route, bordée de spectateurs, n’en est que plus belle. Au rythme de la musique criée par les haut-parleurs, les gens tendent des banderoles, des posters coloriés qu’ils ont téléchargés sur internet, voire pour les plus fidèles des collections de bobs glanés à travers les étapes et les années. Les fidèles du Tour sont nombreux, à suivre l’épreuve depuis leurs camping-cars. On en a même croisé un avec une casquette Cochonou, qui ne fut distribuée que lors de la seule année 98 ! Certains spectateurs et caravaniers gardent le contact avec les équipes, même des années plus tard. Et puis, forcément, on a vu El Diablo, une autre icône vivante des bas-côtés du Tour !

Malgré des pentes à 10%, les 2cv ont vaillamment grimpé les cols. L’équipe ne s’en faisait pas : si les 2cv calent, les spectateurs viennent spontanément pousser ! Au passage, la mécanique résiste, contrairement aux embrayages de véhicules plus modernes… Dans les descentes, les freins ont été mis à rude épreuve, et les suspensions ont fait preuve de toute leur souplesse légendaire ! Malgré la chaleur, 36° à la mi-journée, l’équipe ne souffre pas trop grâce aux capotes ouvertes qui font des 2cv de véritables ventilateurs permanents. « De toute façon, mieux vaut une canicule qu’un Tour sous la pluie pour distribuer les goodies », précise Stéphane Domecq, responsable de la caravane Cochonou.

L’envers de la course

Le dispositif Cochonou sur le Tour demande une logistique particulière. Seules les 7 deuches sont autorisées à parcourir l’étape du Jour dans la caravane publicitaire. Tous les autres véhicules, à savoir le semi-remorque, le van de l’équipe, ainsi que les fourgons de transport des matériels des villages départ et arrivée (des porteurs à bras) sont déplacés par un autre parcours. On appelle ça le hors-course, et c’est beaucoup plus long que la course elle-même. Par rapport aux 190 km de l’étape n°8, le hors-course proposé par ASO était de 270 km et la veille, c’était 310 km, à parcourir là-encore le plus tôt possible pour être à l’arrivée ou à l’hôtel de l’équipe. Enfin, avant le km 0 et dans les derniers km avant l’arrivée, les distributions sont interdites par l’organisation.

Côté deuches, l’étape dure le même temps que pour les coureurs, voire parfois plus. De 9h à 15h sur les routes, les caravaniers doivent donc rouler, manger à bord lors de petites pauses, et s’arrêter pour les besoins naturels sur le bas-côté. Charge alors pour les chauffeurs de remonter le retard en dépassant les caravaniers et rejoindre leur place. Tout ceci étant aussi géré par l’organisation de la caravane, qui imprime un rythme (pas trop rapide pour les chars, pas trop lent vis-à-vis du peloton) et fait respecter les remontées de caravane (notamment pour les véhicules VIP ou les voitures d’équipe en amont du peloton).

L’autre animation liée au Tour lancée par Cochonou cette année est le « Bar à Saucisson ». C’est un Master transformé en food truck par les équipes de Live Meetings, l’agence de Cochonou pour le Tour de France, et qui s’installe chaque jour dans un village localisé à la mi-étape. L’occasion d’une distribution plus conséquente en cochonaille, et de photos souvenirs pour les réseaux sociaux !

Un patrimoine automobile…

L’on s’est demandé pourquoi avoir choisi un Master pour remplir ce rôle de Bar à Saucisson. Un Type H Citroën aurait parfaitement collé à la philosophie « nostalgie heureuse » qu’incarne évidemment la Deuche. Réponse officielle : « il faut que le véhicule soit dispo à tout moment, pratique à entretenir, et sans fatigue pour les pilotes ». On veut bien le croire, cependant une autre caravane a sauté le pas du Citroën HY : Banette ! Et celui-ci court dans la Caravane, au même titre que les 2cv donc.

…en danger ?

Au-delà, l’utilisation de voitures anciennes soulève plusieurs questions. Mais si l’on a compris que celle de l’entretien, assuré avec brio par Vintage Car Club, n’était pas un souci (facilité des réparations, disponibilité des pièces, réseaux de clubs 2cv en régions), la question de la circulation est nouvelle. En ces temps de chasse à la pollution, les 2cv sont-elles menacées ?

Patrick Bombart, responsable du marketing de Cochonou, explique : « une partie de la caravane du Tour ne répond pas à l’homologation sur la pollution. Certains chars, par exemple, sont lors des liaisons transportés par des camions car ils sont interdits sur route ouverte. Pour nous, les 2cv sont non-conformes à la pollution, mais l’organisateur ASO le tolère car notre caravane a pour elle l’antériorité de son engagement, le 3e plus ancien de la caravane. Sur le Tour, c’est le règlement de l’ASO qui prime jusqu’à présent, car le parcours est considéré comme une route fermée. »

Cependant, pour les longues transitions, menées lors des journées de repos (Chambéry > Périgueux et Marseille > Paris cette année), les Deuches prennent des camions de transporteurs, tandis que les caravaniers montent dans des vans.

Une opération de communication avant tout

La seule opération de communication de Cochonou chaque année, c’est le Tour de France. Mais le Tour est-il une affaire rentable pour l’entreprise ? Patrick Bombart répond par l’affirmative et justifie : « j’ai hérité de cette bonne initiative, lancée avant que je ne dirige le marketing du groupe, et je n’ai que le maigre mérite de l’avoir faite perdurer. Cela fait maintenant longtemps que l’on travaille avec Stéphane et Live Meetings, et c’est bien, un partenariat aussi long. Chaque année, on optimise, on crée, on est de plus en plus efficace. On s’appuie aussi sur la qualité de l’organisation d’ASO, qui a un savoir-faire unique en son genre. Ce qui compte pour nous, c’est l’image générée et elle est excellente. Nos meilleures ventes se font l’été, et le Tour traverse notre seul marché pour Cochonou, l’hexagone. Or, rapporté aux 10 millions de spectateurs rencontrés, c’est parfait. »

Et quelles sont les marges d’amélioration ? « On fait bien sûr quelques mécontents parfois, hélas, mais on ne peut pas donner à tous. Et on ne veut pas non plus trop décevoir de gens, donc on doit réussir à tenir un ratio quantité/coût et qualité dans nos goodies. Le bob par exemple, il est beaucoup copié, par Krys ou Skoda il y a quelques années, mais le nôtre est plus qualitatif, et tellement plus attendu ! Vous parcourez la ligne d’arrivée avec une chemise Cochonou, on vous demande où vous l’avez eue ! C’est de la folie, et il n’y a que le Tour pour susciter cela. Mais pour le reste, nous avons d’autres marques dans le groupe, comme Aoste ou Justin Bridou, qui participent à d’autres événements –ainsi, chaque marque a sa place ».

Des 2CV Cochonou prêtes pour un autre Tour ?

Véritable petite famille, la troupe Cochonou compte ainsi une petite trentaine de personnes. C’est malgré tout une taille modeste comparée à celle de Skoda, qui totalise près d’une centaine de caravaniers. Mais c’est aussi une famille fidèle, puisqu’en moyenne, les caravaniers ont 5 Tours d’expérience. Cette année 2017 est un peu spéciale, avec de nombreuses nouvelles têtes chez les hôtesses et les animateurs, et une amplitude d’âge rarement atteinte, qui va de 21 à 58 ans ! Ainsi, même si au départ tous ne se connaissent pas, la mayonnaise prend vite et la solidarité l’emporte. Alors donc, si vous les croisez sur les bords de route d’ici les Champs-Elysées, n’hésitez pas à tendre une banderole Cochonou pour les saluer et récupérer quelques cadeaux !

Cochonou en quelques chiffres

550 000 sachets de 3 mini-saucissons, 10% de plus qu’en 2016
111 000 bobs
5000 sacs cabas
10 tonnes de saucissons distribuées en 3 semaines
10 millions de spectateurs
19e Tour de France pour Cochonou, le 18e pour les 2cv
7 Deuches (3 berlines, 3 fourgonnettes, 1 limousine)
63 500 km parcourus par chaque deuche depuis 99

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Crédit photos et vidéo : François M. – The Automobilist