Le Nouvel Automobiliste
Le Nouvel Automobiliste

à la découverte du 4L Trophy avec les Archi-Bro (Interview)

C’est l’histoire d’une course caritative et de deux frères, Frédéric et Vincent, au volant d’une Renault 4L. Organisée chaque année depuis 1997, l’épreuve du 4L Trophy entre en 2017 dans sa vingtième édition. Au départ, l’équipe 1188 des frères Archambault que nous vous proposons de découvrir.

Le 16 février 2017, ce sont plus de 2000 participants qui devraient prendre le départ du 4L Trophy. Cette course étudiante, organisée par Désertours, embarque des jeunes issus d’universités, d’écoles de commerce ou d’ingénieurs, à travers le Maroc au volant de la plus diffusée et de la plus populaire de toutes les Renault : la 4L. Au programme, près de 6000 km à parcourir en une dizaine de jours entre la France et le Maroc, faisant de cette course le plus grand raid étudiant d’Europe. Ouverte de 18 à 28 ans, l’épreuve porte des valeurs aussi de solidarité et d’entraide, entre les concurrents (c’est une course d’orientation et non de vitesse) mais aussi dans le but même du « Trophy », acheminer à destination des fournitures scolaires aux écoles marocaines pour l’association Enfants du désert. En 2016, ce sont 82 tonnes de matériel qui ont été emmenées, et en 19 ans plus de 15.000 enfants qui ont ainsi prendre le chemin de l’école.

L’équipage des frères Frédéric et Vincent Archambault est familial et masculin. Le premier, 23 ans, reprend la course qu’il a arpentée en 2016, tandis que le second, 18 ans, la découvrira l’an prochain, réunis tous deux sous le matricule 1188. Sous le nom d’équipe « Archi-Bro », nos deux frères sont respectivement à l’école d’ingénieurs CESI de Nanterre, et étudiant au lycée Parc de Vilgénis en BTS CIM (Conception et Industrialisation en Microtechniques). Avec l’association étudiante de l’ei.CESI, « Les 4 Roses des Sables », ils ont pu monter leur dossier d’inscription et de sponsoring afin qu’un maximum de concurrents de l’école puisse participer.

Caritative, la course se finance sur des dons que tous peuvent faire, même vous chers lecteurs ! Les 4L, ainsi que la médiatisation de l’épreuve, assurent une visibilité des sponsors, tandis que l’opération se fait dans l’optique d’aider les associations françaises et marocaines récipiendaires des dons des concurrents. Et c’est un budget !

  • 3200 € sont consacrés à l’inscription, qui comprend l’hébergement, l’assistance et la navette en bateau ;
  • 1350 € sont consacrés aux frais divers (essence, assurance…)
  • 1500 € à la préparation du véhicule et à l’achat de pièces détachées
  • 500 € à la communication du projet
  • et enfin 1000 € sont consacrés à l’achat de la Renault 4, qu’elle soit une 3, une 4, une 4L ou une fourgonnette 4 F4 ou F6.

Sur ces près de 10,000 €, l’équipage Archi-Bro propose différentes formules (affichage publicitaire sur la 4L, dons, mécénat), et je vous laisse consulter à ce lien leur dossier de candidature sur leur page facebook. Ils nous ont contactés, également sur Facebook, et nous avons ainsi pu nous entretenir et en apprendre un peu plus sur leur équipage.

The Automobilist : Bonjour ! Qui êtes-vous donc, cher équipage Archi-Bro ?

F. Archambault : Bonjour, nous sommes deux frères. Je m’appelle Frédéric, suis ingénieur au CESI de Nanterre, une école d’ingénieur généraliste. En apprentissage, j’effectue mon alternance au sein du groupe Safran dans la société Sagem. Mon ambition est de travailler dans l’aéronautique, dans le groupe Safran ou dans des entités telles qu’Airbus, ATR, ou Boeing. Mon frère passe son Bac STI 2D cette année et sera, l’an prochain, en BTS CIM.

TA : Quelles sont vos passions ?

FA : J’aime l’automobile et la moto. J’ai pris beaucoup de plaisir à participer au 4L Trophy 2016 alors, je me suis dit qu’en 2017 je devais y retourner, avec ma propre 4L, pour le refaire. J’ai tellement pris goût à la préparation de la voiture que l’un des futurs projets, c’est de refaire une 205 GTi.

TA : Joli projet ! Serait-ce votre voiture préférée ?

FA : Je ne considère pas avoir de voiture préférée… mais j’apprécie les voitures sportives, modernes comme anciennes ! Une voiture, selon moi, qui réunit ces deux critères serait la Shelby GT500. « Eleanor », qui figure dans le remake du film Gone in 60 seconds par exemple, me plaît énormément. Elle n’existe qu’à 20 exemplaires…

TA : Vous qui aimez l’aéronautique, quels liens cette industrie entretient-elle selon vous avec l’automobile ?

FA : Bien que ce soient deux mondes complètement différents, ces deux univers ont pour but commun de transporter des personnes, des marchandises. L’aéronautique est pour moi un lieu de travail très minutieux, précis, où je peux retranscrire le temps passé à la préparation de mes voitures. Cela exige précision et rigueur : après 10 cafés, et de longues heures de travail sur la voiture, l’impatience est parfois difficile à contenir pour vérifier ou non la réussite d’un projet. Il est alors très important de garder son calme pour terminer la tâche, et c’est en ça que le monde de l’aéronautique ou de l’automobile est intéressant et enrichissant de mon point de vue.

TA : Pourquoi avoir voulu vous engager dans le 4L Trophy ?

FA : M’engager dans le 4L Trophy, c’est avant tout pour moi un moyen d’aider mon prochain. Le 4L Trophy, c’est un raid humanitaire, qui a pour but d’aider les enfants démunis en leur fournissant affaires scolaires et sportives. Cependant, cette course véhicule aussi des valeurs d’entraide, de dépassement de soi, qui me caractérisent au quotidien. J’aime relever des défis, c’est pour ça que j’ai choisi de participer à cette aventure cette année, et de recommencer l’an prochain.

TA : Qu’attendez-vous de la course l’an prochain ?

FA : J’attends qu’elle continue à m’apprendre ces valeurs de partage, d’entraide, et bien-sûr que cette année soit au moins aussi magique sinon plus que celle déjà vécue.

TA : Comment en aviez-vous appris l’existence ?

FA : Le 4L Trophy, j’en ai entendu parler il y a 4 ans par mes professeurs. Ils connaissaient un élève ayant participé au raid, alors j’ai voulu me lancer. Faute de temps, d’espace et de moyens, cela a demandé deux pour se concrétiser.

TA : Votre école, le CESI, n’en est pas à son coup d’essai, n’est-ce pas ?

FA : En effet, ce n’est pas la première fois qu’ils y participent. Cette année, nous étions 10 équipages à partir, et tous les CESI de France confondus ont mis sur les routes 26 équipages au total. Pour l’édition 2017, le centre de Nanterre a déjà 17 équipages pré-inscrits, soit 24 étudiants prêts à partir !

TA : Et pour partir, il faut notamment une 4L ! Quelle est la vôtre ?

FA : C’est une Renault 4L GTL de 1991, une des dernières sorties de chaîne. Elle développe 34 chevaux de son moteur 1100 cm3. Personnellement, je trouve qu’elle a une accélération de folie et un look à tomber par terre !

TA : Sympathique ! D’où vient-elle ?

FA : Nous l’avons acheté à une dame, retraitée, qui voulait s’en séparer car elle ne pouvait plus la conduire. Son histoire est rapide à expliquer : achetée neuve sortie d’usine par cette dame, elle a vécu des années folles à son volant nous a-t-elle dit, puis elle l’a remplacée tout en la gardant au fond de son garage pour quelques sorties.

TA : Qu’en ferez-vous après la course, de cette 4L ?

FA : Je pense que je vais la garder. Vous savez, à passer plus d’un an à la préparer, la bichonner, lui apporter plein de modifications… je crois qu’on devient amoureux de cette voiture, et elle nous le rend assez bien, je dois dire. Je pense donc que la 4L restera à la maison, pour mon plaisir personnel !

TA : Avant cela, comment préparez-vous la course ?

FA : Nous préparons la voiture, bien-sûr, tout en tirant les leçons de cette année. En effet, faute de sponsors pour 2016, nous avons avec mon frère décider de nous organiser autrement pour réunir des fonds dans un premier temps, boucler notre budget, et dans un second temps préparer la mécanique et l’intérieur de la voiture.

TA : Le but du 4L Trophy est d’acheminer du matériel scolaire : comment le réunissez-vous ?

FA : Pour réunir le matériel, plusieurs solutions : soit l’acheter nous-mêmes, soit le collecter, et pour notre équipage cette étape fut la plus facile. Ayant travaillé dans une galerie commerciale, j’ai demandé à disposer d’un stand pour présenter notre projet, tout en demandant aux passants s’ils voulaient nous aider. Ainsi, nous avons donc réussi à collecter nos fournitures.

TA : Quel est votre budget de participation ?

FA : Le budget d’un tel raid, c’est 8000 €. Cela se décompose entre les 3200 € d’inscription, 2000 € de préparation de la voiture, et il ne faut pas oublier ni l’achat de la voiture, ou la communication avec des flyers, des stickers… Nous n’avons pas encore bouclé notre budget et nous recherchons actuellement toujours des fonds. Toute aide sera la bienvenue, que ce soient des pièces, de la main d’œuvre, des compétences mécaniques, ou de l’aide financière.

TA : Merci, Frédéric Archambault pour cet entretien ! Bonne chance pour le 4L Trophy !

Vous pouvez le contacter par mail à [email protected]

Crédit photographies : équipage 1188 Archi-Bro
Article : François M. pour The Automobilist