Le Nouvel Automobiliste
Le Nouvel Automobiliste

« 7 jours sans voiture » à Paris : Est-ce possible ?

Anne Hidalgo continue sa politique autophobe en proposant comme l’idée du siècle le défi de se passer de son véhicule pendant 7 jours. Récit d’un coup de comm’ qui ne sert strictement à rien d’autre qu’à décrédibiliser gratuitement l’automobile et ses conducteurs.

24 heures vélib
24 heures vélib

Le but est simple : renoncer à son véhicule polluant durant sept jours consécutifs. Pour participer, il faut d’abord s’inscrire sur le site officiel de Paris (avant le 2 septembre). 20 personnes seront sélectionnées par tirage au sort pour relever le challenge, du 19 au 25 septembre, et seront récompensées par des lots.
Les automobilistes et motocyclistes qui vont laisser au garage leur véhicule ne devront pas forcément se déplacer à pied. Ils pourront tester gratuitement les modes de déplacements doux, comme les Vélib’, ou alternatifs (métro, covoiturage, Autolib’…). L’opération souhaite sensibiliser les Parisiens sur le fait que le véhicule individuel peut être abandonné pour la plupart des trajets du quotidien au profit de moyens alternatifs.

7 jours sans voiture. Une semaine complète. Pour un touriste circulant à Paris, ça peut vite être compliqué, et c’est compréhensible. Mais pour un Parisien, c’est un fou rire nerveux qui éclate à la vue d’un tel « défi ».

En réalité, passer une semaine complète sans conduire est tout à fait possible et c’est d’ailleurs le lot quotidien de bien des parisiens et banlieusards ! Il existe en effet plusieurs moyens de transports plus ou moins gratuits afin de se déplacer aisément dans la capitale : métro, lignes de bus, de tramway, taxis, Vélib’, mais aussi Autolib’, et bientôt Scootlib’.

Afin de montrer l’étendue d’un tel défi, je me risque à vous conter mes trajets en transport. Train Transilien, métro, bus et BM Double Pieds sont à ma disposition pour faire jusqu’à 2h45 de trajet par jour … le tout, sans voiture !  Si le Transilien est d’origine très propre, récent et climatisé, le métro est à l’extrême opposé de cela. Voitures mal entretenues, places assises limitées, vitesse du trajet très changeante selon l’affluence, propreté des voitures loin d’être clinique, température parfois excessivement haute, bref, ce n’est pas la joie. Mais le but n’est pas là, il est justement de nous faire parvenir d’un point A à un point B de manière économique, si tant est que l’on sait où on va. L’objectif est en réalité de faire passer pour unde idée brillante et « éco-responsable » quelque chose que nombre de Parisiens savent et exécutent déjà ! Où est le gain qualitatif dans tout ça ? Il est nul.

Un trajet me coûte 73 euros avec la Carte Navigo, une paille vite rentabilisée pour quelqu’un n’ayant pas le permis comme moi, mais attention : si un véhicule revient à bien plus cher en entretien, certains en possèdent actuellement une à des fins bien précises, comme le travail dans Paris intra-muros, et non pas pour le plaisir de se ruiner. Au vu du prix des contraventions, du tarif à la pompe, de plus en plus élevés, on y songe à deux fois. Seulement voilà, je suis contraint de ne voyager qu’en accord avec les stations desservies et l’heure de passage des transports : Paris est en retard par rapport à Londres ou New York, où les métros circulent 24h/24. De plus, des problèmes sur les rails, il y en a un grand nombre, notamment sur les lignes de RER qui ne cessent d’être retardées, mettant dans l’embarras face à leurs patrons respectifs nombre de voyageurs comme moi. Un problème liberticide, selon moi, que l’automobile permet de résoudre aisément, les travailleurs du soir en savent quelque chose.

Automobile que l’on tourne à Paris comme le problème n°1 à qui il faut absolument s’attaquer car « leurs possesseurs ne comprennent pas que la pollution automobile aggrave les problèmes respiratoires des Parisiens ». Evidemment. Notez la touche de condescendance mâtinée d’une posture sûre de celle qui donne des leçons aux ignorants car elle sait et détient la vérité.

Quid des hauts fourneaux qui brûlent des quantités astronomiques d’émissions toxiques dans l’air ? Quid de la pollution même d’un bateau transporteur, lâchant l’équivalent de 50 millions de fois plus de CO2 que n’importe quelle véhicule sur cette planète ? Quid de l’énergie nucléaire à la pollution abominable, mais dont on ne sait encore se passer à l’heure actuelle, pour fabriquer l’énergie 100% électrique, zéro émission vantée par bon nombre de personnes haut placées ? Rien. Et alors que l’on pose une réforme à contrepied de tous, celle du permis de conduire, qui entraîne une baisse considérable du taux de réussite national (heureusement vite compensée), que dire du tarif du permis, variant arbitrairement du simple au double suivant les régions, et bien souvent hors de prix pour les étudiants et bas salaires ? Rien non plus. Tout ou presque est fait pour décrédibiliser l’automobile et les différents métiers qui s’y rapporte. Rouler en voiture n’est pas un choix anodin et les gens ne le font pas dans le simple but de contrarier la Maire de Paris. Quant aux arguments reprochant à l’automobile de polluer, ce serait faire affront à la science, au progrès technique et aux drastiques diminutions des émissions nocives liées aux diverses normes de dépollutions (on vous en a parlé en retraçant l’histoire des normes anti-pollution).

Il faut bien comprendre sa façon de procéder : tout est fait pour attraper les voix manquantes et influentes, juste bonnes à contenter notre protagoniste, tout en réalisant une sorte de « purge sociale et financière », afin d’exclure les plus pauvres de la Ville Lumière. En clair, derrière la vie chère, les loyers astronomiques, ou encore les moyens de transports à la traîne depuis pas mal de temps, c’est un appel dissimulé adressé à la plèbe parisienne : « ne mettez plus les pieds dans ma ville ! » .  

Dès lors, Paris passe du rang de capitale appréciée par les constructeurs automobiles, romantique au possible si on y circule en cabriolet ou en « Deudeuche« , à une sorte de risée dans le monde, en taxant les conducteurs de « vieilles voitures » de « pollueurs ». Un défi « éco-ludique et citoyen » (quel terme pompeux…), dans le vent, censé contenter en réalité les bobos et autres riches penseurs de la Ville Lumière, pour au final s’avérer être totalement déconnecté de la réalité du reste de la population venant travailler dans la capitale.

Seul point fort de ces mesures : la journée sans voiture le dimanche 25 septembre, où il est appréciable de circuler dans Paris à pied ou à bicyclette sans le brouhaha automobile quotidien.

Mais ne nous voilons pas la face : derrière la volonté de faire passer la voiture comme l’objet tendance à éradiquer le plus vite possible « pour renouveler le parc automobile français » se cache la volonté de « nettoyer la ville de tous ses plus pauvres occupants », comme en témoigne l’interdiction de circulation sur les quais et les voies sur berges, l’abaissement toujours plus consternant des limitations de vitesse sur le Périphérique ou les fameuses « Zones 30 », ou encore la fameuse interdiction de circuler avec un véhicule d’avant 1997 en semaine.

Tout est fait à la Mairie de Paris pour contenter le parti EELV sous fond d’«urgence écologique». Premier exemple : la destruction des serres d’Auteuil pour mener à terme l’extension de Roland-Garros. Un dossier à la base tellement sensible et complexe, dont les hautes têtes pensantes ont fumé pendant plusieurs années pour trouver une solution qui contente tout le monde. Un tel acte décrédibilise totalement l’initiative alors que l’on parle « d’urgence écologique ». Second exemple, la préparation des JO 2024. Il faut rappeler la mascarade économique dont ont été victimes les Parisiens pour avoir les JO en 2012. On se voyait gagnants sur la base d’installations vétustes et d’installations temporaires. On use du même principe pour 2024, à croire que l’on n’a pas retenu la leçon, tout sous couvert de l’urgence écologique.  Enfin, dernière mesure absurde, la suppression de voies de circulation. En théorie, c’est une superbe idée, mais en pratique, c’est une catastrophe. Supprimer des voies de circulation faisait réduire la pollution sur Paris a autant de valeur intellectuelle que d’assurer la médaille d’or au marathon en finissant dernier.

La pollution ne se borne pas à une simple question de vitesse mais tient compte essentiellement de la conduite : les bons rapports au bon moment, des accélérations et décélérations intelligentes, bref, de l’éco-conduite, quelle que soit la vitesse

Lorsqu’une personne ou une famille complète utilise un véhicule, mis à part les collectionneurs, le déplacement est rarement sans raison. Une voiture a un coût, non négligeable qui plus est, et je doute sincèrement que la plèbe se prive des joies des transports publics pour subir égoïstement les embouteillages et embêter une poignée de bobos. Il doit sans doute y avoir des raisons plus terre à terre à cela.

Prenons exemple sur une simple voiture citadine du segment B, présente à 70% du paysage automobile parisien (Clio, C3, 208, Fiesta…). En analysant son prix de vente (15 k€ en moyenne) et sa perte de valeur sèche sur 3 ans dès le jour n°1 après l’achat (-6000€ environ, selon le modèle), il faut ajouter un train de pneus à changer (80€ l’unité), l’entretien de base (consommables, filtres, etc), une assurance annuelle de 600€, 100€ d’essence par mois et 100 € de parking selon les arrondissements, on obtient une dépense mensuelle de 430€ pour l’automobiliste, et ce, sans prendre en compte le prix éventuel des casses mécaniques et des révisions, atteignant parfois des sommes ahurissantes. Pour une personne ayant un salaire compris entre 1500 et 1700 euros en moyenne en France, le budget auto devient vite étouffant.

On constate jour après jour, semaine après semaine, année après année, l’arrivée de mesures absolument liberticides qui vont à l’encontre de la teneur du sympathique « défi » que Anne Hidalgo veut proposer à la population parisienne, enfin, à 20 personnes parmi 2 millions, alors que le Mondial de l’Automobile de Paris, véritable vitrine du monde automobile aujourd’hui en perdition, va ouvrir ses portes dans quelques semaines. A toutes ces mesures, je réponds par la présente : « Je suis libre de circuler comme et avec bon me semble, madame Hidalgo.« 

Via Caradisiac, La Ronde des Bannies, Facebook, Mairie de Paris.