Le Nouvel Automobiliste
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2017-2025 : quel futur pour les transports franciliens ?

Chez The Automobilist, vous le savez, nous ne nous intéressons pas qu’à l’automobile mais à toutes les mobilités. Téléphérique, vélo électrique, trottinette ou overboard, sans oublier les autobus notamment électriques : les solutions pour des mobilités alternatives, en commun ou individuelles, sont chaque jour plus nombreuses. Et comme nous parlons beaucoup aussi des transports en Île-de-France, où l’automobile n’est plus forcément la bienvenue, faisons un peu de prospective et regardons dans les prochaines années les projets de transport qui sont à attendre.

2017

Cette année, outre la mise en place de la vignette Crit’air et de la ZCR parisienne, les transports franciliens vont connaître une nouvelle ligne de Tramway en petite couronne : le T11 Express, ex-Tangentielle Nord, entre Epinay-sur-Seine et Le Bourget. Ce n’est que le premier morceau d’une ligne qui ira, à terme dans 10 ans, de Sartrouville à Noisy-le-Sec. Son avantage : éviter Paris et ses reports modaux, tout en ayant une vitesse supérieure à un tramway classique car il s’agit d’un Tram-Train.

A Paris, sur la Seine, des taxis baptisés Sea Bubbles survoleront le fleuve à partir du printemps pour un test grandeur nature de ce nouveau moyen de transport rapide. Quatre places seulement à bord, et un tarif de 10 € pas accessible, pour une traversée de Paris débarrassée des embouteillages routiers.

2018

Côté tramway, l’allongement du T3B au nord de Paris vers la Porte d’Asnières est prévu pour l’automne, pour desservir 8 nouvelles stations. Le prolongement vers Porte Dauphine n’a pas encore de date ; et pour le bouclage jusqu’au Pont du Garigliano, terminus actuel du départ du T3A, l’opposition des riverains n’a pas encouragé au lancement du projet.

Côté RER, la ligne A connaîtra la fin de la modernisation estivale du tronçon central, qui oblige à une fermeture de 4 à 5 semaines entre mi-juillet et mi-août. Les stations auront été rénovées de fond en comble, comme c’est actuellement le cas, et surtout de La Défense à Vincennes, les trains seront en pilotage automatique pour une régulation toujours plus optimale des circulations… et éviter les retards.

2019

Maintes et maintes fois repoussé, le Métro 14 est attendu au nord, à Saint-Denis, en desservant 5 nouvelles stations. Ce sera un moment fort puisque la ligne 14 nord représente le premier morceau du futur réseau de métro du Grand Paris Express.

Les Tram-Trains seront aussi à la fête. Le T4, première ligne du genre en IDF, aura une nouvelle branche entre Bondy et Montfermeil. Après le T11 Express en 2017, c’est autour du T12 Express (Tram-Train toujours), entre Massy et Evry, d’être inauguré. L’année suivante, cette ligne doit se poursuivre jusqu’à Versailles en reprenant une branche actuelle du RER C. De l’autre côté, au nord, c’est un autre 12, la ligne de métro, qui doit être prolongée à Mairie d’Aubervilliers, avec 2 nouvelles stations. En Tramway normal, le T7 devrait rejoindre au sud Juvisy.

Pour les routes, la RN20 entre Arpajon et Paris devrait recevoir cette année là des voies réservées aux bus.

2020

L’année 2020 prévoit la mise en service de la ligne T9 du Tramway, entre Porte de Choisy et Orly. Le but est de remplacer la ligne de bus 183, tout en augmentant les capacités d’accueil voyageurs. Côté Tram-Train, outre un T12 Express jusqu’à Versailles, le T13 Express est attendu entre Saint-Germain-en-Laye et Saint-Cyr, connectant les RER A et C, par la Grande Ceinture Ouest.

Le sud de la région parisienne sera également choyé côté transports avec le métro à Bagneux : deux nouvelles stations de la Ligne 4 repousseront son terminus toujours plus loin de Paris… et proche de la future Ligne 15 du Grand Paris Express.

N’oublions pas qu’en 2020 seront interdits de circuler dans la ZCR parisienne tous les Diesel, et toutes les voitures thermiques mises sur les routes avant 2011…

2021

Dernière grande ouverture de Tramway (avant que, d’ici là, d’autres lignes aient été imaginées), le T10, entre Antony et Clamart, doit voir le jour. Le T8, au nord, serait prolongé jusqu’aux portes de Paris à la station Rosa Parks du RER E et du T3B, sur un morceau de l’ancienne Petite-Ceinture qui pourrait, dès lors, éveiller des velléités de réutilisation ferroviaire…

L’année 2021 devrait surtout être une année de matériel roulant avec l’arrivée des premières nouvelles rames sur les RER D et E. Fabriquées et conçues par Alstom et Bombardier, ces X’Trapolis Cityduplex à double-étage auront 3 espaces différenciés selon la longueur du voyage (debout, strapontins, et places assises), plus de portières et plus larges, pour de 15 à 25% de capacité d’emport supplémentaire. Au total, 255 rames sont commandées, pour près de 4 milliards d’euros. C’est tout simplement le marché de matériel roulant le plus important jamais signé par le STIF, autorité organisatrice des transports franciliens.

2022

Apothéose prévue pour les transports en commun en 2022 : une nouvelle ligne toute neuve, la 15, ex « ligne Rouge », sera le premier métro à ne pas traverser la métropole parisienne. Un métro pour la première couronne donc, et pour éviter le passage par le centre de la capitale, non-désiré et toujours encombré à l’heure de pointe. Du Pont-de-Sèvres à Noisy-Champs, cette ligne automatique sera en correspondance avec 5 métros, les 5 RER, et 3 Trams.

Sur son chemin, la ligne 15 croisera notamment la ligne 4 qui profitera de 2022 pour être entièrement automatisée. Portes palières, nouveau matériel roulant sans oublier une vitesse moyenne mieux régulée permettront de rendre plus attractive une ligne 4, aujourd’hui la plus lente de tout le réseau.

Au-delà, sur un mode ferroviaire encore plus lourd et capacitaire, l’année 2022 devrait voir s’achever le projet EOLE, celui du RER E qui, jusqu’à présent, ne répond pas à son acronyme originel de « Est-Ouest Ligne Express », puisque faisant terminus en plein centre sous la Gare Saint-Lazare. En 2022, elle rejoindra la banlieue Ouest et la gare de Nanterre-La-Folie en passant sous la Porte Maillot et La Défense, prélude à une désaturation durable du RER A.

2023

Année de transition que 2023, mais pas année anodine loin de là ! On attend le Métro 11 prolongé des Lilas jusqu’à Rosny-sous-Bois, automatisé, et avec un tout nouveau matériel à 5 voitures. Une révolution, quand les métros circulant aujourd’hui, répondant au doux nom de MP59, sont, comme leur chiffre l’indique, d’une conception remontant à près de 60 ans !

Comptons aussi sur le Métro 16 entre Saint-Denis-Pleyel et Noisy-Champs, irriguant l’est de la métropole du Grand Paris. Automatique, elle bénéficiera d’un matériel de moindre capacité que la ligne 15 (des trains de 3 voitures). Le Métro 17 aussi sera de la partie, entre Saint-Denis et Le Bourget. L’on attend aussi, en 2023, la desserte de l’aéroport de Roissy, la ligne CDG Express, au départ de la Gare de l’Est.

N’oublions pas le tramway avec le T1 qui devrait être prolongé d’Asnières à Colombes à l’ouest, pour y rejoindre en correspondance le T2.

2024

C’est une année capitale que 2024. De l’obtention ou non des Jeux Olympiques, annoncée en 2017, découlera l’avancement des projets du Grand Paris et notamment des infrastructures de transports, ou leur report. Ainsi, l’on se souvient qu’en cas de JO à Paris en 2012, la ligne 14 devait reprendre la branche Ouest de la ligne 13 -il n’en fut rien.

Alors, si 2024 doit voir des événements d’ampleur se profiler, certains projets sont appelés à être mis en service : le RER E ira jusqu’à Mantes-la-Jolie à l’ouest, potentiellement en profitant aux trains grandes lignes de Saint-Lazare qui profiteraient d’une ligne nouvelle pour ne pas saturer les sillons. La ligne 14, après avoir été prolongée au nord de Paris, doit cette fois partir au sud jusqu’à l’Aéroport d’Orly. La ligne 17 ira enfin du Bourget à l’aéroport de Roissy. Et des renouvellements de matériel roulant sont attendus sur la ligne 6 (aérienne) du métro de Paris.

Enfin, toujours en 2024, la ligne 18 du Grand Paris Express commencera à voir le jour (entre le CEA de Saint-Aubin et l’aéroport d’Orly).

2025

Autre année charnière que 2025 avec l’autre événement que convoite Paris et sa région : l’Exposition Universelle. Comme pour les JO, son obtention accélèrera les processus. Sont alors attendues le Métro 11 jusqu’à Noisy-Champs, le T13 Express jusqu’à Achères,

Côté véhicules, ce sont les bus qui innoveront. En 2025 s’achèvera le Plan Bus de la RATP qui prévoit que l’ensemble du parc de la compagnie soit composé de bus électriques (à 80%) ou au gaz naturel (20%). Une révolution copernicienne déjà en cours avec la ligne 341 passée au standard Bluebus 12m l’an passé.

Et ensuite ?

Finissons ces 8 années de prospective francilienne par une ouverture sur encore plus loin, 2030 voire 2050. L’on peut raisonnablement penser qu’à cet horizon, les projets actuellement lancés auront été achevés -Lignes 15 à 18, Tram 9 à 13, et généralisation des bus électriques ou au gaz. Alors, d’autres extensions ou créations auront été lancées, selon les propositions du Schéma Directeur de la Région Ile-de-France (SDRIF) adopté en 2013 notamment mais pas seulement :

  • Métro 1 : prolongement jusqu’à Val-de-Fontenay peut-être dès 2024, à l’ouest vers Nanterre
  • Métro 4 : extension au nord jusqu’à Saint-Ouen – Les Docks
  • Métro 5 : prolongement au sud vers la Place de Rungis, et au nord vers Drancy
  • Métro 7 : extension au nord vers Le Bourget
  • Métro 9 : deux possibilités de prolongements Noisy-le-Sec ou dans Montreuil
  • Métro 10 : jusqu’à Ivry-sur-Seine voire les Ardoines à l’est, et peut-être Saint-Cloud à l’ouest
  • Métro 12 : prolongement au nord jusqu’à La Courneuve, au sud vers Issy-RER
  • Métro 13 : extension vers Stains au nord
  • Métro 17 : connexion jusqu’au Mesnil-Amelot au nord et Nanterre-La Folie à l’ouest
  • Métro 18 : prolongement de Saint-Aubin à Nanterre-La Folie
  • Métro 19 : oui, vous avez bien lu, une 19e ligne pourrait voir le jour, née de la réunion des lignes 3bis et 7bis, en plein Paris. Le SDRIF le prévoit, mais rien ne semble être lancé.
  • Tramway 1 : prolongement à l’ouest vers Rueil-Malmaison, et à l’est entre Bobigny et Val-de-Fontenay.
  • Tramway 4 : prolongement vers Noisy-le-Sec
  • RER D : nouvelle branche au nord vers le Parc-des-Expositions via le Barreau de Gonesse.

Ajoutons enfin le « Grand Paris de Bus » qui vise à redéployer certaines lignes de bus dans et en dehors de Paris. La consultation est en cours. Une partie de ces projets – et d’autres encore- est à retrouver sur cette carte interactive de la Région IDF.

Mais encore ?

Parmi les nouvelles voies de transports imaginées, un téléphérique, dès 2020/22, pourrait voir le jour entre Créteil et Villeneuve Saint-Georges. Mais l’on peut aussi envisager la réutilisation d’infrastructures existantes, tel que le feront les TramTrain 11/12/13 : en Petite-Ceinture pour un tram-train circulaire rapide intra-muros à Paris ? sur les voies sur berges pour des navettes électriques comme envisagées par la Mairie de Paris ? le retour de Voguéo, avec des navettes fluviales à fortes capacités sur la Seine ?

L’hystérie autour des véhicules autonomes ne fait que commencer avec le test d’une navette Navya sans conducteur entre les gares d’Austerlitz et de Lyon à Paris. Et dans le futur, avec toujours moins de voitures individuelles pour une demande en transports toujours forte, on peut imaginer que les automobiles soient devenues partagées, avec un degré « privatif » variant selon les tarifs, de très ouvert (les bus autonomes) à très fermé (VTC autonomes, dernières voitures individuelles), en passant par des usages à mi-chemin (de l’auto-partage électrique façon UberPop avec des flottes captives à la Zipcar ou Autolib).

En effet, l’urbanisation de la métropole du Grand Paris devrait continuer à croître, et les réseaux de transport devront mettre à profit leur flexibilité, notamment les lignes automatiques. Mais plus que l’infrastructure, c’est peut-être la société qui aura changé : avec un public qui sera né à l’heure du numérique comme le sont les générations Y et Z, dans un monde qui ne pontifie plus l’automobile individuelle et ont un réflexe « partageur » plus important qu’avant ; avec des salariés dont les bureaux décentralisés pourront être situés en coworking à distance, dans des gares (SNCF y réfléchit pour utiliser ses emprises) ; avec une réduction telle des temps de transport, via par exemple l’Hyperloop ou le retour d’avions supersoniques pour les trajets à longue distance, et au niveau ultra local des applications de géolocalisation pour une prise en charge porte-à-porte toujours plus efficaces et disponibles. Le tout via des modes électriques ou à l’hydrogène.

Reste qu’à la base de tout cela il y a l’envie et le besoin de mobilités et pour en parler, The Automobilist répondra présent !