Le Nouvel Automobiliste
Budapest Fiat 500e USA

Les étranges voitures américaines de Budapest

Et si on débutait l’année par un petit voyage ? Direction la capitale de la Hongrie : Budapest. Pourquoi ? Justement, on a eu beau chercher, on ne sait toujours pas pourquoi… mais le fait est qu’on y croise une concentration de curiosités automobiles comme rarement ailleurs en Europe. Et autant vous prévenir : si jamais vous avez une explication, nous sommes preneurs !

Make America Great… Abroad

Budapest, ses bains, sa Place des Héros, son monument dédié à Michael, sa Citadelle, son Bastion des Pêcheurs, son “quartier juif”, ses ruinbars, son île Marguerite, son parlement, sa patinoire géante, ses collines, son Danube bleu… Si jamais vous en doutiez, c’est une destination incontournable. Et en plus, ça vous permettra de voir… un nombre incalculable de voitures américaines.

Cadillac ATS Budapest Bose
Une américaine à Budapest… en spécifications européennes

Et pas n’importe quelles voitures américaines : je ne vous parle pas de flamboyantes et glamour voitures des Trente Glorieuses, pas plus que d’exotiques voitures de rêve… Non, juste de banales voitures de tous les jours en spécifications US, importées et vendues en Hongrie. Mais là, franchement, on sèche : il n’y a pas de base militaire américaine à plusieurs centaines de kilomètres à la ronde, rien qui justifie une telle concentration de voitures en specs US alors que les pays ou capitales alentours sont « épargnés » par ce phénomène.

Ayant eu la chance de me rendre 10 fois à Budapest en un an, me voici avec de sympathiques clichés qui ont probablement inquiété les gens quant à ma santé mentale vu ce que j’ai tenu à photographier… Bref, régalez-vous avec quelques curiosités, souvent jamais commercialisées en Europe comme ce SUV Saturn Vue hybride, cette Suzuki Forenza (rebadgeage de la Daewoo Nubira sur le marché américain !), cette Toyota Yaris 4 portes, version tricorps de la seconde génération de Yaris, ce coupé Mitsubishi Eclipse, ce curieux Scion xB (pour ceux qui ne connaissent pas Scion, redécouvrez sa genèse ici), cette Ford Focus US de première génération (à redécouvrir ici), cette Dodge Spirit (que l’on a connu en Europe sous le nom de Chrysler Saratoga) ou cette Renault Alliance 2 portes ! On trouve de tout et de toutes les époques. Et pour être franc, j’en ai loupé beaucoup, un peu blasé au début, et puis reprenant d’ultimes clichés lorsque l’ami François m’a convaincu qu’il y avait de la matière pour un sujet insolite.

Une autre tendance : les imports d’électriques !

Si je ne parviens pas à comprendre pourquoi on retrouve tant de véhicules « banals » originaires des USA en plein Budapest, je pense cerner une raison à un autre phénomène : on trouve également de relativement nombreux imports de véhicules électriques. Beaucoup de Fiat 500e, notamment, mais aussi d’autres curiosités comme cette BMW i3 en spec US et ce Ford C-Max Energi. En effet, aux États-Unis, le Ford C-Max était uniquement proposé en hybride au lancement, comme concurrent de la Prius, puis rapidement décliné en électrique à l’image du modèle que vous avez sous les yeux. Quant à la Fiat 500e, il ne s’agit pas du nouveau modèle (essayé ici) mais de la précédente génération, produite au Mexique et essentiellement vendue en Californie (puis dans l’Oregon). Donc jamais commercialisée sur le Vieux Continent.

Pour votre culture inutile, la Fiat 500e américaine disposait d’un moteur triphasé de 111 ch et d’une batterie de 24 kWh pour une autonomie théorique de 130 km. Ses appendices aérodynamiques abaissaient le Cx de 0,35 à 0,31. Bien que FCA perdait 14 000 $ par 500e vendue, la voiture a tout de même été écoulée à environ 27 000 exemplaires entre 2013 et 2019 afin de satisfaire aux exigences californiennes en termes de mix d’émissions.

Les véhicules électriques et les PHEV jouissent en Hongrie d’une plaque d’immatriculation verte (la Slovaquie a récemment adopté le même système et le Royaume-Uni réfléchit également à pareil dispositif). On peut supposer que de telles importations permettent de jouir de primes ou avantages fiscaux.

Une dernière galerie de Budapest pour la route

On ne va quand même pas se quitter avec toutes ces voitures américaines sans avoir quelques photos d’américaines pur jus ! Ou presque… car je n’ai jamais vu autant de Cadillac BLS qu’à Budapest ! Au moins 4 différentes, mais une seule que j’ai pu photographier. Il s’agit d’une Cadillac purement européenne, produite chez Saab sur base de 9-3 (avec un moteur Fiat en version Diesel). Et avant de parler d’échec commercial, dites-vous bien qu’avec plus de 8000 exemplaires, cette BLS s’est nettement mieux vendue que sa remplaçante, l’ATS, dont les ventes européennes ont à peine frôlé le millier en dépit de très grandes qualités (j’en sais quelque chose et je vous parlerai de la mienne un de ces jours). Pour sauver la mise, quelques Fleetwood circulent dans les rues. Et puisqu’on est de l’autre côté du Rideau de Fer, régalez-vous avec un Lada Niva 5 portes, une Warburg 1.3 Turist, une Trabant 601, une Trabant 1.1, une ZAZ 968 (celle qui a le bon goût de ne pas chanter), deux Barkas B1000 et une Škoda 120 L. En prime, je vous offre une jolie Opel Kadett C, un VW Combi T1 ainsi qu’une Citroën C-Triomphe (export d’Argentine, les versions chinoises étant différentes). Enjoy.

A très bientôt pour un autre rendez-vous hongrois dans un musée qui vaut le détour !

Photos : Le Nouvel Automobiliste

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